Portrait de Wolfred Nelson par Gilles Rhéaume
Dimanche 8 juin 2008Portrait réalisé lors de la journée nationale des Patriotes du lundi 19 mai 2008.
Portrait réalisé lors de la journée nationale des Patriotes du lundi 19 mai 2008.
Les forces en présence à Saint-Denis ont pu paraître grossièrement inégales : un médecin de campagne et sa bande de cultivateurs et d’artisans contre un vétéran de Waterloo et ses compagnies choisies de soldats de carrière aguerris. Mais Nelson avait grandi parmi les soldats britanniques et il n’était pas intimidé à la vue de leurs uniformes. De même, parmi les mécontents de Nelson, hommes décidés, se trouvaient plusieurs tireurs d’élite. D’autre part, bien qu’il fût un assistant quartier-maître général sérieux et assidu, Charles Stephen Gore n’était pas un brillant tacticien, et ses hommes faisaient partie d’une armée qui, pour reprendre les mots de Wellington, était un ramassis des « excréments de la terre » ; certains parmi ces hommes n”attendaient qu’une occasion de filer vers les États-Unis. De surcroît, les éléments jouaient en faveur de Nelson. Lui et ses tirailleurs restaient au sec derrière d’épais murs de pierre, pendant que C. S. Gore et ses soldats, après avoir marché toute la nuit sous une pluie glaciale de novembre, devaient manoeuvrer dans la boue. De 9 heures du matin, environ, jusqu’au milieu de l’après-midi, Gore tenta vainement de pousser ses hommes au-delà des positions des Patriotes. Il fut forcé bien au contraire d’ordonner la retraite.
Le 23 octobre 1837, un mois avant l’affrontement de Saint-Charles, une foule nombreuses était venue dans ce même village de tous les coins de la région de Montréal et dans un grand élan de patriotisme et de solidarité, c’est par milliers que villageois et habitants affirmèrent à voix bien haute que le peuple avait le droit d’abolir un gouvernement devenu oppressif. Conscient d’avoir amené ses troupes à un point de non-retour, Papineau prit panique et lança un appel au calme et à la modération. Il était trop tard. Wolfred Nelson réplique au chef et conseille à la foule de « fondre ses plats et ses cuillers d’étain pour en faire des balles ».
En 1854, Nelson défait Édouard-Raymond Fabre à la mairie de Montréal. Il s’affiche à titre d’administrateur partisan du progrès. Il crée la fonction d’inspecteurs municipaux chargés de contrôler l’application de la réglementation. Il s’attaque à l’insalubrité, à la pauvreté et au chômage dans la ville. Il envisage l’aménagement d’un parc sur le mont Royal.
Dès 1824, il fut accusé d’avoir incité à commettre des outrages à Saint-Ours. Il devint l’agent de La Minerve pour le bourg de Saint-Denis et se fit élire en 1827 à William Henry, nom donné par les loyalistes à Sorel. Il gagna l’élection par quatre voix et vota pour Louis-Joseph Papineau comme orateur de la Chambre.
En 1829, il fit un discours mordant dans lequel il condamnait les gouverneurs du Canada : « Tout sujet loyal de l’Angleterre devrait se tenir prêt à sauter au collet de ces créatures de la tyrannie. » Nelson ne se représenta pas aux élections.
À l’âge de 14 ans, Wolfred Nelson fut mis en apprentissage chez le docteur C. Carter, de l’armée britannique ; il reçut son permis de médecin en février 1811. Il demeura à Sorel, souffrant, selon les mots d’un biographe, « les pénibles corvées d’un petit hôpital militaire », alors qu’il espérait de l’avancement au sein de l’armée. Il apprit, en janvier 1812, qu’il allait être recommandé au poste de médecin d’hôpital militaire par le médecin d’État-major de Sorel, et, quelques semaines après, ses espérances de faire une carrière médicale au sein de l’armée se ravivèrent davantage encore par suite de la déclaration de guerre entre la Grande-Bretagne et les États-Unis.