La victoire de Saint-Denis
Les forces en présence à Saint-Denis ont pu paraître grossièrement inégales : un médecin de campagne et sa bande de cultivateurs et d’artisans contre un vétéran de Waterloo et ses compagnies choisies de soldats de carrière aguerris. Mais Nelson avait grandi parmi les soldats britanniques et il n’était pas intimidé à la vue de leurs uniformes. De même, parmi les mécontents de Nelson, hommes décidés, se trouvaient plusieurs tireurs d’élite. D’autre part, bien qu’il fût un assistant quartier-maître général sérieux et assidu, Charles Stephen Gore n’était pas un brillant tacticien, et ses hommes faisaient partie d’une armée qui, pour reprendre les mots de Wellington, était un ramassis des « excréments de la terre » ; certains parmi ces hommes n”attendaient qu’une occasion de filer vers les États-Unis. De surcroît, les éléments jouaient en faveur de Nelson. Lui et ses tirailleurs restaient au sec derrière d’épais murs de pierre, pendant que C. S. Gore et ses soldats, après avoir marché toute la nuit sous une pluie glaciale de novembre, devaient manoeuvrer dans la boue. De 9 heures du matin, environ, jusqu’au milieu de l’après-midi, Gore tenta vainement de pousser ses hommes au-delà des positions des Patriotes. Il fut forcé bien au contraire d’ordonner la retraite.