Exposition de Justine Brichart au Loup rouge

À compter du mardi 17 avril et jusqu’au mercredi 6 juin 2012.
Je suis née en France, à Reims de deux parents français. Ayant quitté la France vers 4 ans, on s’est retrouvé à Palm Beach en Floride. Arrivé au Québec à six ans, nous avons migré de Saint-Jérôme à Saint-Sauveur en passant par Lafontaine vers Bellefeuille et j’en passe. L’instabilité était un thème assez fréquent chez nous. Mes parents étaient comme ça, moi aussi j’étais comme ça. À 17 ans, j’ai étudié en cinéma et communication au Cégep de Saint-Laurent. Pendant mes temps libres, je commençais à découvrir la peinture. En fait, j’ai commencé à peindre en m’inspirant d’une pochette de vinyle du groupe Cream. Je n’ai jamais réussi à peindre du concret, alors je me suis réfugiée dans l’abstrait.
Ensuite, j’ai abandonné l’école pour travailler dans une coopérative et pour voyager. À mon retour de voyage, le monde de la déficience intellectuelle et de l’autisme m’a interpellé. Après plusieurs mois de travail, j’ai commencé l’université en enseignement en adaptation scolaire et sociale. Réalisant que je n’aimais pas l’école, j’ai cofondé un organisme sans but lucratif que j’ai nommé SOS (Sans Oublier le Sourire) et qui visait l’intégration sociale des personnes vivant avec une déficience intellectuelle. Je continuais pendant mes temps libres à peindre, mais mon style n’était toujours pas défini. Je créais des personnages étranges, des bulles, des créations à partir de CDs. Je peignais lorsque j’étais en réel état de crise, de façon spontanée et très émotive. Après plusieurs congés de maladie et un diagnostic de trouble bipolaire de type deux, je me rendis compte que j’aimais toujours peindre, mais que je ne voulais plus peindre seulement en étant souffrante, mais peindre pour m’apaiser, me réconforter, arrêter de penser et faire plaisir aux autres. J’ai longtemps cru que je peignais à cause de ma maladie parce qu’on dit souvent que les personnes bipolaires sont créatives. Or, aujourd’hui, je peins toujours parce que ça fait partie de moi et non de la maladie.
Démarche artistique :
J’aime prendre des photos de gens que je côtoie. Je prends des photos de visage, souvent déformées (grimaces) ou des visages neutres. Habituellement, je choisis ces personnes parce qu’elles m’inspirent ou que leurs traits de visages me fascinent. Ensuite, je déforme l’image davantage et je peins à l’acrylique. Je redéfinis l’image au crayon permanent. Le thème se définit avec les émotions que je ressens lors de la création, en fonction de mes exaspérations de la journée ou de mes joies. La peinture est une thérapie pour moi, celle qui me fait réellement du bien.

























